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MARC-AURÈLE FORTIN
L’EXPÉRIENCE DE LA COULEUR

28 mai au 11 septembre 2011

L’exposition est une réalisation du Musée national des beaux-arts du Québec.


Marc-Aurèle Fortin. L’expérience de la couleur, première grande rétrospective muséale consacrée à cet artiste depuis plus de 45 ans, présente une centaine de peintures, gravures, dessins et aquarelles réalisés sur quatre décennies, de 1909 à 1949.

Le peintre paysagiste a laissé une forte empreinte dans l’imaginaire québécois avec ses compositions mettant à l’avant-plan de grands ormes et des scènes rurales hautement colorées, auxquelles il est généralement associé. L’exposition présente ses vues de Sainte-Rose, de l’île d’Orléans, de Charlevoix, de la Gaspésie et du Saguenay, qui ont su dépeindre la campagne québécoise de l’époque. Une part moins connue, mais non moins significative, de son travail est aussi exposée : celle des vues urbaines. Elles témoignent du regard attentif qu’il porta aux changements irréversibles qu’opérait la modernité à Montréal des années 1920 et 1930.


L’EXPOSITION
Cette exposition rend hommage au paysagiste Marc-Aurèle Fortin (1888-1970), qui a peint pendant quatre décennies au cœur de la modernité québécoise et canadienne. Les 107 œuvres réunies ici témoignent de son expression prolifique, depuis les premières peintures réalisées à Chicago, en 1909 et 1910, jusqu’aux paysages de la Gaspésie et du Saguenay à la fin des années 1940, avant que sa santé le contraigne à abandonner ses activités. Tout en restant fidèle à la représentation figurative, cet artiste peintre, aquarelliste, graveur et pastelliste aura multiplié les expériences sur la couleur, véritable enjeu de ses recherches.

Au cours des années 1920 et 1930, la carrière de l’artiste prit son envol grâce à ses vues de la ville et du port de Montréal, ainsi qu’à ses représentations de grands arbres. Cette production lui valut la reconnaissance du milieu de l’art, et la présente exposition honore ce travail d’exception. Vous y découvrirez des œuvres célèbres et d’autres moins connues, chacune illustrant les étapes d’une démarche artistique remarquable, placée sous le signe de l’expérimentation et de la liberté.


LA VILLE ET LE PORT
Au début du siècle dernier, Marc-Aurèle Fortin assiste à l’industrialisation du quartier Hochelaga et du port de Montréal, qui est alors le plus grand port céréalier du monde. L’espace urbain envahit la campagne aux portes de Montréal, et ce choc entre nature et culture lui inspire des vues étonnantes. Très attentif aux bouleversements qui s’opèrent, il se passionne particulièrement pour la construction du pont du Havre à la fin des années 1920, rebaptisé en 1934 « pont Jacques-Cartier ». Ces thèmes sont parmi les premiers à témoigner de la modernité artistique du Canada français.

Dans ses peintures et ses aquarelles, Fortin associe avec audace la pureté de la couleur à l’expressivité de la ligne, cette dernière culminant dans les eaux-fortes. Il s’inspire des bâtiments entassés, des voies ferrées et des lignes électriques pour produire une myriade de motifs graphiques. Quelle que soit la technique utilisée, l’artiste réduit au minimum la présence humaine.


LES DÉBUTS
De récentes recherches ont éclairé les débuts de la carrière de Fortin, période longtemps demeurée obscure. On sait maintenant qu’après de brèves études à l’Art Institute de Chicago (1909-1910), l’artiste âgé d’une vingtaine d’années fut actif sur la scène montréalaise en tant que peintre. Il exposait ses œuvres dans les prestigieux salons annuels de l’Académie royale du Canada et de l’Art Association of Montreal (aujourd’hui Musée des beaux-arts de Montréal).

Ses tableaux étaient alors de format relativement petit, mais ils témoignaient déjà d’une bonne connaissance du métier et des nouveaux enjeux de la peinture. À Chicago, le jeune Fortin avait célébré l’architecture des gratte-ciel et le paysage industriel, thèmes qui allaient également l’inspirer à Montréal, où il peindra de multiples vues de la ville et du port.
La touche expressive domine dans ces œuvres qui captent les effets d’atmosphère à différentes heures de la journée, depuis l’aurore jusqu’au lever de la lune. Cette préoccupation pour les qualités de la lumière devient le sujet d’exquises pochades où il commence à mettre en scène les grands arbres qui lui vaudront le succès dans les années 1920.


LES EXPÉRIENCES DU COLORISTE
Par rapport aux autres arts, c’est la couleur qui définit la peinture. Or, Fortin voyait son art comme une « poésie muette », s’inscrivant ainsi dans la tradition académique. Paradoxalement, son acharnement à faire chanter les couleurs vives le classe parmi les peintres les plus progressistes de sa génération, pendant les années 1920.

Les œuvres de cette section illustrent précisément sa maîtrise de la couleur, qu’il utilise souvent en juxtaposant les complémentaires. Ainsi, l’accent rouge d’une vieille femme au milieu d’un parc de verdure ou encore les ombres violacées voisinant des teintes orangées montrent que Fortin avait assimilé dès la fin des années 1910 la théorie des couleurs, qui est fondamentale dans l’histoire de la peinture moderne.

Au fil du temps et des expériences, l’artiste traite de plus en plus ses formes en appliquant des teintes claires sur des fonds sombres. Ainsi en est-il de Scène d’hiver au Canada : c’est la couche de fond, brunâtre et apparente, qui trace la ligne des motifs, tandis que les surfaces colorées prennent des allures fantaisistes, s’éloignant de la pure représentation figurative.


LE VERT PARADIS
Depuis son retour de Chicago, en 1910, Fortin est animé par l’idéal d’un art qui transcrirait l’authenticité du pays, « un art national ». Cette recherche anime également les peintres du Groupe des Sept, en Ontario. Or, c’est précisément dans son village natal, à Sainte-Rose au nord de Montréal, que l’artiste québécois trouve les sujets lui permettant d’atteindre son but. On raconte que les grands ormes qui bordaient la rue Principale étaient alors si touffus que, par temps de pluie, les gens s’y promenaient sans se faire mouiller.

Fortin représente ces arbres géants comme les symboles d’une nature toute puissante et il constelle leurs frondaisons de touches impressionnistes. Au pied des masses vertes, il oppose le caractère paisible de la vie quotidienne, occupant cet espace réduit par des maisons québécoises aux couleurs pimpantes, avec de minuscules promeneurs ou travailleurs, sans oublier l’éternelle charrette à foin. Souvent, les scènes verdoyantes se déroulent sous des ciels bleus chargés « de gros nuages blancs roulés, après les grandes chaleurs », comme se plaisait à dire le peintre.


LES COULEURS DU PAYS
« L’atmosphère du Québec, c’est une espèce de gris violet assez chaud », dit Fortin, qui a sillonné le Québec pendant une douzaine d’années, de 1936 à 1948. Fuyant la chaleur de Montréal l’été, il entreprend des pérégrinations qui le mènent d’abord à Québec, puis sur la côte de Beaupré et à l’île d’Orléans. Il se rend ensuite à Baie-Saint-Paul et découvre la région de Charlevoix, explorant les villages à bicyclette, matériel sous le bras. À partir de 1940 jusqu’en 1945, l’artiste promeneur pousse vers l’est et découvre la Gaspésie. Plus tard, il peindra au Saguenay, avec ses amis René Richard, Maurice Le Bel et Albert Rousseau.

De tous ces voyages, Fortin rapporte des aquarelles en abondance qu’il peint à l’huile dans son atelier, pendant l’hiver. Dans ses grands tableaux, les couleurs vives éclatent sur des fonds sombres qu’il peint en noir, en gris ou en brun. À partir de 1948, il délaissera l’huile, lui préférant la caséine, plus liquide et qui devient mate une fois séchée. Cette technique le conduira à une expression brute du paysage.

 

L’exposition Marc-Aurèle Fortin. L’expérience de la couleur est accompagnée d’un catalogue de 300 pages. Ce livre, illustré de plus de 150 peintures, aquarelles, eaux-fortes et pastels, rend compte de la modernité de cet excellent dessinateur et coloriste, et témoigne des diverses étapes d’une démarche artistique remarquable, placée sous le signe de l’exploration et de la liberté. Le catalogue est disponible en versions française et anglaise.

 


Sainte-Famille, île d’Orléans Marc-Aurèle Fortin (1888-1970)
Sainte-Famille, Île d’Orléans, 1941
Aquarelle et fusain sur papier
56,7 x 77,7 cm
Coll. MNBAQ (1942.17)
© Fondation Marc-Aurèle Fortin / SODRAC (2011)

Paysage des Laurentides Marc-Aurèle Fortin (1888-1970)
Paysage des Laurentides, 1919 (ou avant)
Huile sur toile
61 x 97,2 cm
Coll. MNBAQ (1968.261)
© Fondation Marc-Aurèle Fortin / SODRAC (2011)


Voie ferrée à Hochelaga
Marc-Aurèle Fortin (1888-1970)
Voie ferrée à Hochelaga, 1931 ou 1932
Pastel sur papier
47,2 x 60,9 cm
Coll. MNBAQ (1977.390)
© Fondation Marc-Aurèle Fortin / SODRAC (2011)

Averse passagère, Baie-Saint-Paul
Marc-Aurèle Fortin (1888-1970)
Averse passagère, Baie-Saint-Paul, 1936 ou 1937
Huile sur carton
98 x 120,6 cm
Coll. MNBAQ (1960.955)
© Fondation Marc-Aurèle Fortin / SODRAC (2011)


Saint-Siméon
Marc-Aurèle Fortin
(1888-1970)
Saint-Siméon, 1938
Aquarelle et fusain sur papier
48,8 x 61 cm
Coll. MNBAQ (1939.54)
© Fondation Marc-Aurèle Fortin / SODRAC (2011)

L’Orme à Pont-Viau
Marc-Aurèle Fortin
(1888-1970)
L’Orme à Pont-Viau, 1928 (ou avant)
Huile sur toile
137 x 166,4 cm
Coll. MNBAQ (1937.20)
© Fondation Marc-Aurèle Fortin / SODRAC (2011)

 

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